Salut les Gourdes,

Aujourd’hui, point de cousette à vous montrer, mais le récit de ma semaine de stage de coupe à plat. Etirez-vous les neurones, ça va être chaud ! Oui, je n’oublie pas que si tu traines tes yeux ici, tu as de fortes chances d’être une belle Gourde, comme moi. Respire, ça va bien se passer.

 

Commençons par la base : la coupe à plat, qu’est ce que c’est?

a) la coupe à qui ?

b) jamais entendu parler.

c) c’est une méthode utilisée pour fabriquer des patrons à partir de mesures.

 

Si tu as répondu a), sache qu’il est encore temps de cliquer sur la petite croix rouge en haut à droite de ton écran et d’aller faire autre chose. Je ne t’en voudrai pas. Si tu as répondu b) ou c), ce qui suit peut t’interresser.

J’ai donc passé une semaine chez Double Boucle à Toulouse pour suivre un stage intensif de coupe à plat. Au programme : élaborer des patrons de base (buste, veste, jupe, pantalon) pour pouvoir ensuite les transformer comme bon nous semble. Le patron de base, c’est un patron qui correspond un maximum à tes mesures, sans trop d’aisance, ni particularités.

 

Prendre ses mesures :

Tout commence au moment de prendre ses mesures – avec précision, sinon, ça sert à rien. Par exemple, pour le patron du buste de base, pas moins de 16 mesures sont nécessaires. Hé bé…

Pour chaque mesure, assurez vous bien de mettre votre mètre ruban parallèle au sol. Si besoin, attachez vous un ruban autour de la taille (un peu au dessus du nombril, à l’endroit où on est le plus fin). Et surtout, surtout, faites vous aider ! C’est très difficile de se prendre les mesures seule. Surtout dans le dos. Yen a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes.

Tracer le patron de base :

C’est à ce moment là qu’il faut s’armer d’un crayon, d’un rapporteur, d’une règle japonaise, d’un pistolet (Cette drôle de règle qui fait des volutes) d’une calculatrice et de beaucoup beaucoup de patience. Je ne vais pas t’en faire le détail ici, mais toutes ces mesures permettent de tracer le patron de base. La première fois, ça parait très compliqué, mais bien expliqué, ça passe tout seul, et c’est assez logique au final.

Si vraiment tu y tiens, tu peux aller faire un tour ici.

Si on prend l’exemple du buste, on obtient deux demi-bustes : le devant et le dos. On ajoute un peu d’aisance à l’ensemble, histoire de pouvoir bouger un minimum dedans (les flèches sur le schéma)

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(image In the mood for couture)

Oui, il y a des pinces devant et dos au niveau de l’épaule, on y reviendra toute à l’heure. Même que ça s’appelle des pinces bretelles, ouep.

Ce stage a aussi été l’occasion d’apprendre à dompter le pistolet pour faire de belles courbes bien courbes, mais pas que ! (platitude, es tu là?)

Coupe, couture et essayage…

Vient enfin le moment de la coupe dans de la toile, de la couture, puis de l’essayage. C’est à ce moment là que tu pries très fort pour que ça t’aille du premier coup – mais ça n’arrive jamais.  J’ai donc un peu appris à modifier le patron pour que ce soit plus seyant. (reprendre sur les côtés, ajouter ou enlever des pinces, les faire plus profondes, …)

Au passage, j’ai découvert le papier carbone, inexistant en Inde (genre la nana a cousu au fond d’une grotte pendant trois ans). Ca permet de tracer des pointillés rapidement sur le tissu pour savoir précisément où sera la couture. Bien sur, ça s’en va au lavage. Et c’est rudement pratique pour ajuster le patron une fois le prototype essayé.

(image et plus d’infos sur Thread and Needles)

Une fois que le patron de base du buste est validé (et que tu as donc décousu, recousu, décousu, recousu les pinces, retouché les côtés, et que tu a reporté tout ça sur le patron), tu as bien mérité une tasse de thé !

Passage de pinces

Vient le moment génial de la modification du patron. Attention, ce qui va suivre pourrait bien changer ta vie ! J’exagère juste un peu.

 Ce petit miracle de la couture tient en trois mots : passage de pinces. C’est la technique qui consite à déplacer des pinces sur le patron de base pour le transformer à ton idée. Pour cela, on utilise le patron papier ou bien un petite reproduction dessinée rapido sur un bout de papier.

Pour bien comprendre à quoi ça ressemble, j’en appelle à la haute technologie et ce gif animé fait maison

Imaginons que je veuille déplacer ma pince bretelle dans ma pince de taille pour n’en avoir plus qu’une. Je fais une encoche dans la pince de taille et plie la pince bretelle pour la fermer. Magie !  La pince de taille s’ouvre ! Pluie de confettis ! Il ne reste plus qu’à stabiliser le tout avec du scotch et combler le vide de la pince de taille par du papier suplémentaire, puis de reporter tout ça sur ce qui devient un nouveau patron.

Allez, tant qu’on y est (et comme j’adore ça!), un deuxième petit exemple. Cette fois ci, déplaçons la pince bretelle sur le côté, comme c’est souvent le cas dans les patrons. On trace un trait là où on voudrait voir aparaitre une pince. On coupe une fente. On ferme la pince bretelle. Magie encore ! Une nouvelle pince s’ouvre sur le côté ! Franchement, c’est pas génial???

 Les possibilités sont presque infinies, c’est incroyable !!! On peut jouer à déplacer les pinces dans l’emmanchure, dans l’encolure, devant, à la taille…

(extrait de « Couture : créer ses patrons » Barfield)

Modifier son patron de base :

Tu l’auras compris, le patron de base, c’est la base de toute cousette au patron fait maison. Au stage, on a donc joué à modifier nos patrons de base en joyeux essais plus ou moins concluants. Bien sur, on modifie l’aisance selon le projet que l’on est en train de coudre. Ce ne sera pas pareil si c’est une robe d’été ou un manteau d’hiver porté sous trois épaisseurs de pulls.

Voici donc mes toiles, portées par Shrek, mon fidèle mannequin qui n’a pas mangé autant d’aligot que moi cet hiver, mais qui, pour une raison encore indéterminée, a un plus grand tour de taille que moi !

Ces toiles ont servi à valider et modifier le patron, elles sont donc parfois différentes des deux côtés, le tout était de voir ce qui allait bien.

Patron de base de la jupe 

(où l’on se rend compte qu’une seule pince devant suffit et où l’on prolonge un peu les pinces dos)

Patron modifié de la jupe :

(jupe à plis creux et empiècement ceinture)

Patron de base du buste :

(où il a fallu rajouter une pince dans l’emmanchure et reprendre un bon centimètre sur les côtés des hanches)

Patron modifié du buste

Top à empiècements aux épaules avec fronces. Petite joueuse.

(où l’on se rend compte qu’il y a trop de tissu au cou, d’où l’intérêt de faire des toiles. Gnagnagna…)

 Patron de la veste :

Comme je m’étais pas trop mise en danger avec le top, j’ai voulu m’arracher les quelques cheveux qu’il me restaient à la fin du stage en tentant la veste à découpe princesses avec des manches tailleur. Bon, ce n’est qu’une toile, ya plein de défauts de couture car c’était le dernier jour et qu’il fallait finir à tout prix. Ah et puis il manque une manche aussi. La principale difficulté est de faire correspondre les coutures des découpes princesses avec celles des manches. Le rendu n’est pas terrible ici mais le patron qui est sorti de ce grand gachis de toile est tout à fait utlilisable. J’attends juste de passer aux 48 heures. Oui, 24 heures par jour, c’est un peu short, alors j’ai demandé de passer au forfait 48h.

 le patron de la bête :

Bref !

Après une semaine entière passée à coudre (on se serait presque crus chez Cousu Main), bilan très positif de cette expérience. Je ne peux pas dire que je saurai refaire ce que nous avons appris sans lire mes notes, ce serait vous mentir, ni que je peux créer le patron de n’importe quelle fringue, ce serait vous prendre pour des gourdes. J’ai simplement appris des bases qui permettent d’y voir plus clair dans la façon dont sont construits les patrons. Avec le fasicule de la formation et quelques bons bouquins, le monde des possibles s’ouvre devant ma MAC !!

A propos, si vous voulez en lire d’avantage, deux bouquins sur le sujet sont assez chouettes :

« Le modélisme de mode » en 4 tomes (le premier me suffit pour l’instant!) de Teresa Gilewska et

« Couture : créer ses patrons » de Barnfield

Un seul regret : ne pas avoir eu le temps d’étudier de près le pantalon, alors que c’est si dur à trouver à ma taille dans le commerce. J’ai plus qu’à me pencher sur la doc en solo…

Je vous recommande chaudement Double Boucle, l’association où j’ai fait cette formation. Les formatrices sont au top, petits groupes et bonne ambiance, le tout en centre ville de Toulouse, ce qui ne gache rien. Jetez un coup d’oeil à leurs ateliers du soir et du dimanche si vous êtes sur place. Sinon, les stages intensifs peuvent être l’occasion de découvrir la ville rose.

Bravo à toi qui es arrivé(e) jusqu’ici !

On termine avec le délire du jour, pour t’aider à prendre tes mesures :

Accueillons donc notre assistante : Barbie ! Dis bonjour à la dame ! Pour plus de sérieux et de précison, il y a des sites qui expliquent ça très bien, comme ou là.

 

 

 

4 tours sont à mesurer (en jaune sur Barbie)

 

– tour de cou (à mesurer en plaçant le mètre ruban à la base du cou, à mi chemin entre le collier de perles de Barbie et le collier de son chien.)

 

– tour de poitrine (là où c’est le plus large, en plein sur les tétons),

 

– tour de taille,

 

– tour de hanches (là où c’est le plus large, au niveau du saillant de la fesse)

 

 

Quand c’est fait et que tu te dis que tu n’aurais pas du finir cette tarte aux framboises dimanche dernier au repas de famille, tu peux continuer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En vert sur Barbie, on mesure des hauteurs :

 

– taille devant (depuis ton épaule, à la base de ton collier de perles jusqu’à ta ligne de taille)

 

– taille dos (pareil, mais dans le dos)

 

– hauteur de poitrine (depuis ton épaule à la base de ton collier de perles jusqu’à ton téton)

 

– ligne d’emmanchure (mets toi une règle sous le bras, et mesure la distance entre l’os de ton épaule et ta règle)

 

– hauteur petites hanches ( de ta ligne de taille à ton os des hanches que tu sens sur le côté)

 

– hauteur grandes hanches (de ta ligne de taille à ta tarte aux framboises de dimanche dernier à ton tour de hanches)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il ne reste plus qu’à faire quelques mesures de largeurs, en orange sur Barbie (une telle harmonie des couleurs, ça donne un côté chatoyant à cet exposé déjà fort agréable)

 

– carrure devant (du pli du dessous de bras à l’autre, sur le « plat » du buste)

 

– carrure dos (pareil dans le dos)

 

– écart de poitrine (d’un téton à l’autre)

 

– épaule (de la base du cou à l’os de l’épaule)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Voilà, cette fois ci, c’est fini,

tu peux nouer ton mètre ruban autour du cou,

et aller décapsuler tes chakras en buvant un mojito bien frais !